Bienvenue dans une autre réalité: l’Antarctique

photo jean-baptiste Gilet, météo TA60

Terre Adélie 2010 (photo: Jean-Baptiste Gilet (TA60)).

Toi, le lecteur, qui arrives ici, soit tu es intéressé par ce qui sera écrit sur ce blog et éventuellement tu le resteras si tu es un frangin par exemple ou une frangine…, soit tu finiras par te lasser et aller virevolter sur quelques unes des milliards autres pages que recèle la toile internet ou alors tu navigues ici par hasard et probablement tu ne finiras pas même la lecture de cet article de présentation du blog.

Cependant si, sur l’attrait d’une autre histoire que la couleur des lunettes de tel fanfaron médiatique tu portes ton intérêt, tu prendras, peut-être, goût à venir t’enivrer de neige et de glace, d’aurores polaires et de manchots, de skuas ou de phoques, de lidar et de météo, de glaciers, d’ozone, de climat, éventuellement de science ou de philosophie, de photos,  de dessins et de quelques passions. . .fruits d’une recherche de vérité ou d’authenticité.

Celle-ci étant définie par le sens de l’essence de l’être, elle sera peut-être développée plus tard et si ce n’est sur ce blog, ce le sera par un autre support mais revenons à notre blanc mouton qu’est l’Antarctique…

La Terre Adélie c’est avant tout un lieu, pas dans une autre galaxie ou même dans une autre dimension spatio-temporelle juste un endroit sur Terre, en un point corrélé de l’univers que l’humain peut avoir accès en mettant en œuvre quelques particularités que nous verrons au cours de l’hivernage.

La Terre Adélie c’est une histoire, celle de la planète Terre, de son climat, une histoire d’explorateurs, de scientifiques, d’observations, de lumières, de vie animale et de passion humaine avant toute chose. Car sans passion ce monde nous serait inconnu.

La Terre Adélie n’est ainsi pas un lieu comme les autres, chacun le sait, mais ce n’est pas un lieu magique ou crée par l’imaginaire humain. C’est ainsi un lieu qui perdure, presque identique à lui-même depuis des millions d’années.

La Terre Adélie possède un climat, spécifique, peu propice à l’implantation humaine et à sa survie en autonomie durable.

Pourtant depuis les années 50, une base y est construite: Dumont D’Urville, du nom du français qui a découvert le premier ce bout de sol glacé. La première base, la base Martin, a été détruite par un incendie.

Jules Dumont D’Urville, en découvrant ces terres glacées, a rendu hommage à son épouse Adèle.

Il nomma ainsi ces contrées la terre d’Adèle, la Terre Adélie …

Ceci n’est certainement pas innocent; ce grand explorateur qu’est Jules Dumont d’Urville, marqua implicitement l’importance de l’amour dans son cheminement de vie.

Ce continent tout entier, dénommée depuis le protocole de Madrid en 1991 « territoire de paix et de science » est le seul et unique endroit de la Terre qui n’appartient à aucun pays.

L’Antarctique est un lieu exceptionnel et symbolique, ceci pour appuyer la thèse du lieu magique dont j’ai caché l’expression au début de cet article par la mise en relief du contexte géo-climatique du continent.

Alors la Terre Adélie est-elle un lieu simplement marqué d’une empreinte naturelle particulière ou a-t-elle un sens profond dans l’imaginaire humain, au sens inné ou intuitif lié à nos racines elles aussi…naturelles, le naturel impliquant ainsi la culture humaine dans son intégration environnementale ?

Ces questions ne seront sans doute pas développées en profondeur durant l’hivernage du moins sans doute pas  sur ce blog mais elles pourront faire l’objet d’une suite après  l‘hivernage.

Si Adèle a fait voyager Dumont d’Urville à travers le globe sur des mers déchainées, je propose de vous faire voyager jusqu’en Terre Adélie durant 13 mois, de décembre 2010 jusqu’à janvier 2012, à travers mon quotidien dédié à la paix et à la science mais aussi à la balade, la rencontre, la découverte, la poésie du regard, la peinture, la connaissance ou même le rien…car le rien peut apporter beaucoup.

Mon activité sur la base consistera à la participation aux tâches habituelles d’une station météorologique de Météo-France: observation, prévision (euh ça c’est pas mon métier mais ce sont mes deux co-météos qui vont sans doute m’y exercer si je suis sage!), suivi climatologique, maintenance du système de mesure des données météorologiques sur site, avec en outre la tâche particulière du lâcher/suivi quotidien de ballons-sondes météorologiques et en saison adéquate du lâcher/suivi de ballons-sondes de mesure de la concentration en ozone stratosphérique.

Cependant nous le verrons, l’activité sur une base scientifique ne se limite pas au seul métier pour lequel on est employé.

L’IPEV est l’institut qui a pour rôle le fonctionnement logistique et expérimental (logistique de mise place des programmes de recherche) de la base Dumont d’Urville mais aussi de la base franco-italienne Concordia sur le continent Antarctique. Les activités de l’IPEV ne s’arrêtent pas là puisque c’est toute la recherche polaire française qui est coordonnée et mise en œuvre par son entremise : Arctique, sub-Antarctique et Antarctique sont sous son bonnet.

 

Le bonnet polaire!

L’administration des TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises), basée sur l’île de la Réunion, est le gestionnaire légal de ces territoires bien que le traité de l’Antarctique du 1 décembre 1959 ait conféré à l’Antarctique un statut international libéré de toute mainmise politique.

Si tu as réussi à lire jusqu’ici c’est que tu es prêt maintenant à pouvoir suivre la suite de ce blog au fur et à mesure des semaines à venir.

Bienvenue à « toustes ».

(j’aime bien ce mot « toustes », au moins il n’y a plus ni féminisme ni masculinisme…en perdant le caractère bifide  et hétérosexuel de la grammaire, nombre de sentiments anxiogènes dus aux relations de pouvoir de genre dans les relations humaines n’auraient plus lieu d’être et les polémiques « tartouillantes » du genre des mots comme docteur/doctoresse passeraient au panier de l’oubli. Ceci est un autre sujet ! )

Mais le français tel qu’il est, est une belle langue s’il en est et je m’efforcerai, à ma modeste mesure, de ne point trop souvent l’écorcher et je m’excuse par avance, quand ce sera le cas, auprès des littéraires et érudits de la grammaire qui y verront trop de gravissimes erreurs.

Recentrons-nous sur notre sujet du jour, mettons un bonnet, des bottes canadiennes, des gants, une parka et zou, avançons, à l’ insu de son plein gré, au cœur d’un adélien…

Carte IGN

Carte de l'Antarctique, IGN