calendrier postal rotations de l’Astrolabe 2021-2022

Le calendrier des dépêches postales est ci-dessous.

Pour une arrivée du courrier à DDU à R0 (première rotation de l’été austral et fin de l’isolement physique de la base pour l’année) il faut l’envoyer avant le 21 septembre à l’adresse ci-dessous et au tarif métropole contrairement à ce que certains agents postaux pourraient affirmer (qui n’auraient jamais rencontré cette destination et qui assimileraient cela à un tarif outremer habituel):

M. Machintruc ou Mlle Trucmuche

Base Dumont D’Urville
District de Terre-Adélie
TAAF
Via ROISSY HUB BSCC PIC
5 rue du haut de Laval
BP17615 Cargo 9
95724 ROISSY CDG Cedex

CALENDRIER 2021-2022DES DEPECHES POSTALES TERRE-ADELIE.pdf

En mémoire d’un souffle

Chhhhhhh, chhhhhh , chhhhh, un bruissement aigu s’immisce dans la cavité, tout était si calme quelque instants auparavant, le son empli l’espace et modèle la pensée à son image ;

Une douce et discrète sonorité apaise l’esprit tel le sifflement d’une Sitelle torchepot ou d’un Troglodyte mignon, tandis que le râle rauque et puissant du catabatique ajoute à l’espace un contenu qui aurait tendance à disperser la concentration et l’attention des plus nerveux.

Le son, vecteur de l’air et donc du souffle, musique créative qui permet d’engendrer la tranquillité ou le chaos. Le souffle s’évertue à nous maintenir en vie mais aussi à nous donner la vitalité, celle qui nous permet d’accepter et d’accréditer notre présence dans un corps, celle qui nous donne le désir de vivre.

Souffler libère, inspirer soulage, aspirer à quelque choses est bien un processus de désir du même ordre et de même nature que celui de vivre. A celui-ci, s’y ajoute ainsi la symbolisation par le mental et le traitement analytique qui, à partir de la base de données de la mémoire, construire et fera émerger le rêve ou désir des sens, source de nos idées et de nos pensées.

Si celles-ci sont parfois en contradiction avec nos sens et nos désirs c’est qu’elles résultent de multiples paramètres qui s’ajoutent et inhibent peu à peu la relation au corps : la culture, les lois, les règles, les principes civilisationnels, juridiques, politiques, sociologiques. Nos idées résultent de milliers d’années de civilisations qui se sont mélangées, détruites ou phagocytées selon les époques.

A ce patchwork sociologique s’adjoint le vécu personnel, familial, amical ou des expériences diverses qui œuvre en fond pour créer qui on est, ce que l’on est, qui l’on veut être ou devenir.

On pense avoir du temps, on pense être éternel mais le pragmatisme de la réalité aura toujours le dessus sur l’invention des idées, sur les suppositions du mental et sur les désirs.

Entrevoir c’est voir entre les choses, entre les évènements, entre les évidences ou les raccourcis simplistes, c’est aussi voir ce qui est invisible, non perceptible aux sens, c’est rencontrer l’ineffable et l’insondable, par ce qui n’est pas déductible par la raison et la logique d’un raisonnement inéluctablement biaisé par son cadre structurel (factuel et expérientiel).

Rencontrer ce qui n’est pas pensable est impensable pour le matérialiste et le structuraliste car il ne peut concevoir ce principe et donc il n’existe pas dans son esprit et ne peut y prendre place.

Si l’espace n’est pas déjà présent pour y poser l’objet, l’objet ne pourra y entrer et y demeurer. La pièce d’un puzzle ne peut se placer si la conformation de l’espace ne correspond pas à celle-ci. C’est pourquoi, croire ou concevoir tous les possibles permet d’y faire entrer l’expérience, même si elle n’est pas de l’ordre de l’expérience mais de l’impérience autrement dit : l’expérience intérieure en quelque sorte, ce qui vient de l’intérieur et qui n’est pas soumis aux principes structurels et qui a sa source en-deça du corps.

On peut toujours objecter que cette expérience serait, malgré tout, inféodée à la structure du cerveau et donc à la physiologie et au cadre humain. Certes, mais inversons ce principe (sans démonstration) pour considérer que l’information prend effet non pas à cause du cerveau mais qu’elle nous apparaît grâce au cerveau , qu’elle prend place grâce au cerveau, celui-ci agissant en tant que détecteur; ainsi supposons qu’elle est comparativement modelée à notre conscience grâce au cerveau à partir d’une forme/état qui le surpasse, qui englobe la matière sans être de la matière.

Le cerveau serait ainsi un simple projecteur, limitant bien entendu, mais projecteur d’une information qui serait plus riche qu’il ne pourrait l’appréhender. L’intuition ou le sens relationnel serait la caméra personnelle nous permettant d’appréhender le réel, un réel plus vaste que tout ce que l’humanité pourrait vivre en mille milliards d’années. Si ce réel peut se transposer en une partialité projective qu’on appelle alors la réalité (ou expérience de vie et de conscience dans le jivatman), c’est que nous possédons le projecteur, qui a le rôle aussi, d’écran de transposition.

Où se placerait alors l’intuition et quelle serait sa nature ?

L’intuition n’a pas de support en tant que telle, elle n’est qu’une résonance de la conscience avec la Conscience globale de l’univers, en lien avec l’attention et l’intention. S’il y a bien projection c’est la projection d’un canal de circulation privilégié, comme un cordon, comme un guide d’onde qui permet par l’intention, de privilégier un aspect particulier de l’univers, des informations existant dans l’univers et concommitament en tout point de l’univers.

En aparté, le point au sens mathématique du terme, n’a aucune dimension, aucun volume, il exprime donc le néant, l’absence de toute chose en tant que réalité, en ce sens l’univers est composé d’une infinité de néants dont chacun est aussi indépendant des autres et constitue un univers en soi inaccessible à notre univers, c’est en quelques sorte le paroxysme structurel de la fractalité où cet ensemble d’univers-néants infini constitue lui-même un univers-néant dans une structure lui étant inaccessible puisque indépendant de toute chose extérieure à lui, il devient ainsi (notre univers) un néant pour un univers l’englobant.

Le fait de considérer que le rien peut être l’absence de relation entre deux choses aussi séparées entre elles que peuvent l’être deux points mathématiques de leur point de vue propre. L’espace-temps d’un point étant nul, il n’accède à aucune autre chose ou autre point que lui-même. Et pourtant, l’ensemble de ces néants mathématiques peut être considéré comme une totalité ou encore, tous ces néants sont équivalents et constituent une continuité d’espace-temps, de leur infini (l’infini de tous les points) peut émerger l’infini de toutes les propriétés inconcevables et inimaginables.

Le néant est équivalent de l’infini en soi : un univers sans fin, infini, aurait la propriété que n’importe quel objet de cet univers serait à une distance infinie de tout autre objet de cet univers, la notion même d’espace-temps s’évanouirait au profit d’un équivalent du néant. Le néant et l’infini sont équivalents même si mathématiquement opposables.

Si un infini est constitué d’une infinité d’objet, est-ce que tous ces objets sont reliées, emplissent l’espace-temps ou y ‘a t-il séparation possible entre ces objets ?

….

Ce texte écrit il y a deux jours est une partie d’une réflexion plus complète qui sera publiée sous une autre forme d’ici quelques années.

Mickito, 29/08/2021

Festival du film Antarctique WIFFA (www.wiffa.aq)

Festival du film Antarctique WIFFA (www.wiffa.aq)

Comme chaque année depuis 2006, le festival du film antarctique (Antarctic Film Festival) réunit les bases volontaires à l’élaboration de films pour ce concours international (qui se veut bon enfant) selon deux critères:

un concours libre où le scénario n’est pas imposé ni la limite de temps (catégorie Open) et un coucours aux critères imposés par 5 éléments qui sont des contraintes obligatoires ainsi qu’une durée de film limitée à moins de 5 minutes ainsi qu’un contrainte de durée de réalisation en moins de 48 heures.

Cette année 2021, les contraintes qui nous ont été communiquées vendredi soir sont:

1. Sound: THE FLUSHING OF A TOILET, chosen by Amundsen-Scott South Pole Station – United States.

2. Object: a WIGWAM (Native American hut). Chosen by Arctowski– Poland.

3. Famous quote: « please, draw me a sheep » – Saint Exupéry (Le Petit Prince). Chosen by Amsterdam Island – France.

4. Famouscharacter: “Donkey” (from Shrek, of course with the Eddie Murphy accent. Chosen by Macquarie Island– Australia.

5. Action: to taste a glass of red wine. Chosen by Crozet Island – France

soit en français:

1: un son de chasse d’eau

2: un wigwam (tente ou abri amérindien)

3: la demande « dessine-moi un moutin » de Saint-Exupéry

4: l’âne de Shrek avec l’accent d’Eddy Murphy

5: l’action de goûter un vin

Le scénario concocté par DDU dans ce cadre d’un film à fournir en 48 heures depuis la connaissance des 5 contraintes, est un conté narré sur la quête d’un âne magique.

Le scénario a été concerté le vendredi soir et les dialogues et scènes affinés dans la matinée du samedi avec la recherche des accessoires. Il a nécessité toute une après-midi de tournage et une soirée avec la participation de quasi tous les membres de la base.

Malgré le vent particulièrement glacial nous avons effectué une scène en extérieur qui s’est révélée très utile pour le dynamisme du film.

Dans la soirée de samedi, jusque tard dans la nuit, notre vidéaste d’excellence Nathan a commencé à monter le générique et d’autres ont commencé à oeuvrer sur les sous-titres et la bande son.

Toute la journée du dimanche a été consacré à la mise en forme du film, au montage, au choix des musiques, à l’enregistrement de la bande-son des narrateurs, aux réglages et aux calages audios et au perfectionnement de tous les éléments nécessaires à la finalisation de ce court-métrage.

Le film a ensuite été envoyé par internet en fin d’après-midi sur la plateforme dédiée aux participants.

Chaque base notera selon différents critères son premier choix après le visionnage de tous les films au concours.

  • Meilleur film Open
  • Meilleur film 48H
  • Meilleure utilisation des 5 éléments
  • Meilleur montage
  • 0riginalité
  • Meilleur(e) acteur/actrice
  • Meilleure action
  • Meilleure photographie/Gestion Lumière
  • Meilleur costume
  • Meilleur son
  • Meilleure bande sonore

Tous les films réalisés 2021 seront bientôt visibles depuis la plateforme https://www.wiffa.aq/en/filmlist et ceux des années passées sont visualisables.

La station DDU a réalisé trois film, un conte pour le 48h, un clip (Diggy Diggy snow) pour l’Open et un one-cut en bonus (hors concours, photo de l’article) pour l’Open.

Solstice d’hiver: la tortue des hivernants de Dumont-d’Urville

Photo: Thomas Mougeot, Serge Fuster, ©IPEV

A l’heure où le Soleil a culminé il y a une semaine au plus bas de son parcours diurne, course d’une durée de deux heure environ, l’équipe des hivernants de la station Dumont-d’Urville (depuis cette année il faut écrire avec un trait d’union, c’est officiel) s’est positionnée en petite tortue pour la photo traditionnelle du solstice hivernal.

Les festivités de Midwinter ont vu de nombreux jeux collectifs se réaliser dans une ambiance bon enfant. Certains soirs presque tout le monde était couché avant 23h00 une fois les activités terminées. Une Midwinter très sage et donc reposante et bien amicale.

Le ciel n’octroie que peu de place au soleil, une tempête a cours ce jour avec un certain white out qui bouche la vue au-delà de 10 à 20 mètres.

Pour ma part j’ai pu donner quelques cours de peinture, en technique d’aquarelle, ce qui m’a remis dans la bain puisque je m’active à la technique à l’huile principalement ici et cela fait une dizaine d’année que je n’ai pas vraiment réalisé de peinture en aquarelle.

De gauche à droite du troisième rang vers le premier: Raphaël (ingénieur sismologie-magné), Michaël (météo), Nathan (pâtissier), Pierre (cuisinier-intendant), Sébastien (Chef technique), Laurent (Gérant postal), Xavier (ingénieur glacio-Lidar), Bandiougou (Radio-transmissions), Thibault (électrotechnicien), Yann (météo) 2ème rang: Emma (ingénieur seconde centrale), Léandre (Mépré), Nicolas (Plombier-chauffagiste), Mickaël (Menuisier), Laura (chef météo), Alexandre (ingénieur chef centrale), Serge (DISTA),
1er rang: Emmanuel (ingénieur informaticien), Camille (biologiste, programme 109), Adélie (biologiste, programme 137), Nathan (mécanicien véhicules), Thomas (médecin)

Enneigement de la Croix Prudhomme en 2021

En hommage à André Prudhomme, météorologue à DDU lors de son second hivernage (TA03), disparu le 7 janvier 1959 lors d’une tempête en effectuant des relevés météo la veille de son départ vers la France, une croix a été érigé il y a fort longtemps à la pointe nord-ouest de l’île des Pétrels. Cette croix de fer fixée sur un rocher parfaitement visible il y a 10 ans, émerge tout juste dorénavant de la neige qui s’accumule d’année en année dans cette zone de l’île. Cette croix est classé au patrimoine des monuments historiques.

D’ici 5 ans, il est probable que cette croix et le souvenir de ce scientifique, disparaissent de la conscience des futurs hivernants.

promenade sur la banquise le 25 avril

Une promenade autour de l’île des Pétrels le 25 avril dans le silence de l’Antarctique.

Eclipse de lune du 26 mai 2021 à Dumont-d’Urville

L’éclipse de Lune du 26 mai 2021 a bien été visible depuis la base Dumont-d’Urville, aux alentours de 21h00 locale.

J’ai pu prendre quelques clichés avec la lunette de focale 400mm directement au foyer et un Fujifilm XT4 au format APSC durant toute l’éclipse jusqu’à ce que mes doigts déclarent forfait au froid, le vent s’étant légèrement réveillé en début d’éclipse.

A Titouan

Espace et Lumière.

Il existe un espace où le silence est infini, éternel,

De cet espace qui remplit tout esprit du coeur.

Où tout prend forme, où tout devient possible,

Tu parcours la vie comme un danseur,

Je ressens la vie comme la cible,

Je devine l’arc de l’espace tel un tenseur

Qui dirige la flèche du temps vers le Ciel

L’abandon de soi est là, ouvrant à l’indicible.

Du mouvement naît le factuel,

De la source à l’écuelle,

Mon âme s’abreuve à l’irrésistible,

A cette réalité duelle,

Où expirent songes et vie charnelle,

Où fusionnent l’âme et le réel,

A l’Amour, Lumière qui relie tout,

Qui me relie à toi, mon fils, mon Titou.

Mickito

4 mai 2021

Observateur de l’air du temps, là où le vent cesse.

Une ouverture traverse le fluide, telle une banderole qui joue avec le vent, elle lisse et fait émerger en même temps la conscience de ce qui ne se voit pas. Le vent, il n’est pas seulement de l’air, il est de l’air qui bouge, qui circule, il a donc besoin de deux lieux pour naître, celui du départ et celui d’arrivée.

D’un point de vue philosophique, ne serait-ce point la circulation qui permettrait de connaître s’il y a un départ et une arrivée différenciées ?

Dès qu’une différence de pression atmosphérique surgit, le vent se lève pour rétablir l’équilibre, les lois de la physique sont implacables. Brise, Autan, Foen, Blizzard, ascendance, catabatique, Suroît, tempête, cyclone, typhon, tornade, vortex, ou grain, le vent virevolte ou pousse, voire il aspire (cela reste une poussée par dépression du côté de l’aspiration et surpression relative de l’autre côté), il rend l’atmosphère légère ou parfois effrayante. Le vent éveille la douceur du parfum d’un champ de lavande qui parvient jusqu’au village voisin au printemps ou bien il impose la brutalité d’une tornade ou d’un cyclone qui cherche à faire basculer ou emporter tout ce qui peut présenter quelque peu, une surface verticale ou un coefficient de trainée suffisant.

Le vent régule nos activités, nos vies, il est l’air que nous respirons, ou que nous ne pouvons plus respirer s’il est trop fort : qui a mis sa tête par la fenêtre de la voiture en étant enfant a pu constaté la difficulté de respirer de face par vent à 100km/h.

L’air, est rarement immobile, parfaitement homogène il pourrait l’être mais les forces de gravité, donc de pression (poids de la colonne d’air au-dessus de la surface considérée), exerce une différence de pression entre le sol et l’air au-dessus, la pression faiblit avec l’altitude ; de même l’ihomogénéité de la température de l’atmosphère avec le gradient d’altitude est due à cette différence de densité avec l’altitude (effet de la gravité) et des capacités calorifiques différentes et bien supérieures entre les matières solides (terres) ou liquides (océans) et la capacité calorifique de l’air bien plus faible que celle des solides ou de l’eau. Cela engendre un échauffement au niveau du sol, des terres (continents) et de la surface des océans, ceux-ci étant plus efficaces à absorber la chaleur du rayonnement solaire que l’air atmosphérique.

Un sol chaud va donc engendrer des mouvements ascendants (convection) que l’on peut observer l’été lorsque les cumulus par beau temps ou parfois les cumulonimbus (nuages d’orage) s’expriment en magnifiques choux-fleurs dynamisés, ou en flux laminaires horizontaux au-dessus des océans.

En effet, les grands courants terrestres à l’échelle des hémisphère entre les zones froides polaires et la bande chaude équatoriale sont issus de cet apport thermique différents selon les régions du globe. La Nature a pour principe d’oeuvrer pour rétablir les équilibres, pour homogénéiser (principe de l’entropie). Ce principe s’oppose au principe de néguentropie (auto-organisation de l’univers : réaction de Belousov-Zhabotinsky, cosmologie, transition de phase, sociologie, criticalité, gravitation quantique à boucle) qui lui va permettre de structurer et différentier la matière et les énergies en son sein, ceci sera raconté ultérieurement.

Le principe est là, la réalité étant plus complexe et faisant l’objet des sciences météorologiques ou plus largement des sciences géophysiques si on prend en compte les interactions océan-atmosphère.

Les dynamiques météorologique et climatique sont dues au mouvements de convection qui sont des processus thermodynamiques donc issues de la chaleur du soleil, de la chaleur du noyau métallique de la Terre évalué à 6000K, et des activités humaines de surface.

Les courants philosophiques ou spirituels vont appeler la Vie : Souffle, Ka ou Sekhem (Religion Pharaonique), âme végétative (Aristote), Prana (Vedantâ), Chi ou Qi (Taoïsme), Esprit-Saint (Judéo-Christianisme), Ether (Alchimie), Jivâ (Hindouïsme), vitalité (science) ou néguentropie.

Le Souffle est la vie et est le secret de la longévité, l’expression avoir le souffle court fait référence à un manque de vitalité., Les yogis parvenus à un certaine maîtrise savent diminuer suffisamment le rythme du souffle physique ainsi que celui du coeur pour les rendre imperceptibles aux observateurs. Ils expliquent qu’ils puisent dans le souffle vital ou Prana dans ce qui fait source à la vie (avant le mouvement en quelque sorte).

De tous temps le souffle a été l’objet d’attentions, de considérations particulières liées à la vie ; la science météorologique est le pendant contemporain de cette attention à l’air qui nous entoure et aux processus qui engendrent ses variations, sa dynamique, son évolution.

Le temps d’un souffle et le monde change. Il s’agit de chercher à entendre le chant, ou murmure subtil, du souffle-origine quand le souffle physiologique ralentit puis s’arrête. Entre deux respirations, il existe un instant de plénitude qui peut être un univers tout entier et engendrer l’intemporalité.

Mickito

10 avril 2021, Dumont d’Urville.

Les mesures d’ozone par radiosondages à Dumont d’Urville, partie 1.

Les mesures d’ozone par radiosondages à Dumont d’Urville, partie 1.

L’ozone est un gaz oxydant composé de trois molécules d’oxygène. Il est toxique pour l’humain car il provoque une dégénérescence accéléré (oxydation) et peut favoriser les processus cancérigènes.

Au précambrien, la planète Terre en était dépourvue jusqu’à la fin de l’éon Archéen. Il y a 2,5 milliards d’années, notre Terre s’est progressivement pourvue d’oxygène atmosphérique, favorable à la vie, grâce à la longue action de cyanobactéries dites algues bleu-vert œuvrant depuis plus d’un milliard d’années déjà par photosynthèse. La vie présente dans les océans depuis des milliards d’années, n’est apparue sur les continents qu’il y a 360 millions d’années lorsque les conditions climatiques et physico-chimiques furent favorables à la respiration aérienne. L’ozone à cette époque était en concentration suffisante dans la stratosphère pour protéger la troposphère des rayons ultraviolets défavorables à la vie.

Cette lente production d’oxygène, a peu à peu constitué l’esquisse de notre atmosphère actuelle. La couche basse, appelée troposphère, qui représente 99 % de la masse totale de l’atmosphère se situe entre le sol et la tropopause. Celle-ci est une mince couche signalant la fin de la décroissance de la température avec l’altitude, elle se situe de 6 à 10 km d’altitude en zone polaire, de 8 à 13 km d’altitude aux latitudes intermédiaires et de 12 à 20 km d’altitude en zone équatoriale/tropicale. Au-dessus, se trouve une couche d’atmosphère aux caractéristiques différentes, appelée stratosphère, où la pression y devient très faible : au niveau de la tropopause _transition entre troposphère et stratosphère_ la pression de l’air est d’environ dix fois moindre que celle mesurée à la surface terrestre (pression de référence de l’atmosphère standard=1013,25 hPa) et atteint 1/1000ème de cette pression standard à la stratopause vers 50 km d’altitude.

Cependant, c’est dans cette couche de l’atmosphère, la stratosphère, que les molécules d’oxygène se dissocient par photolyse en 2 atomes d’oxygène :

: O2 + hν (rayons ultraviolets) → O. + O. (2 atomes indépendants dits radicaux libres)

ceci grâce à l’énergie apportée par les rayons ultraviolets du Soleil pour former de l’ozone par adjonction avec une molécule de dioxygène (O2) :

O. (oxygène)+ O2 (dioxygène) + M (absorption cinétique)→ O3 (ozone)

Cette synthèse nécessitant la présence d’une autre molécule (M) afin d’absorber l’énergie cinétique excédentaire, elle induit par conséquent une augmentation de la température dans la stratosphère, c’est d’ailleurs le critère principal qui décrit cette couche atmosphérique.

Les molécules chimiques produites naturellement par les volcans ou par d’autres rejets naturels (marécages, tourbières etc.) sont une cause de la destruction naturelle de l’ozone. Dans une atmosphère équilibrée, les réactions physico-chimiques de création d’ozone et de destruction ont des effets équivalents et la quantité d’ozone présente reste globalement stable à l’échelon saisonnier ou infra-saisonnier.

La lumière solaire est ainsi nécessaire à la synthèse de l’ozone stratosphérique, la production s’annule ainsi la nuit et elle diminue fortement lors de l’hiver polaire, elle est donc principalement réalisée des latitudes équatoriales aux latitudes sub-polaires.

En zone polaire Antarctique, du fait du faible ensoleillement en hiver, il se créé un vortex négatif : l’air y devient plus dense et s’écoule vers les latitudes plus basses. En conséquence, le vortex, ou effet d’aspiration au niveau de la tropopause polaire, attire l’air des latitudes plus élevées à ce niveau. Le processus est cependant lent et le brassage, s’il est continuel, induit une latence de deux ans avant que les molécules du reste de la planète ne parviennent au niveau de ce vortex. Le vortex polaire arctique est moins marqué du fait de la configuration différente des continents et des surfaces océaniques dans l’hémisphère nord.

Les activités humaines, telles que l’industrie et l’agriculture intensive, génèrent des composés néfastes aux équilibres atmosphériques naturels antérieurs. Les halogéno-carbures (halogènes : Fluor, Chlore, Brome, Iode) ont commencé à être synthétisés à partir des années 1930. Leurs grandes qualités dans le transport du froid (réfrigérants), leur ininflammabilité, leur stabilité chimique les ont conduits à être synthétisés et utilisés en masse dans de nombreux domaines tant industriels que domestiques.

La pollution aux halogéno-carbures, de part la multiplication par un facteur 5 des concentrations initiales dans l’atmosphère au cours du XXème siècle, a induit un déséquilibre entre les processus naturels de synthèse et ceux destructeurs d’ozone. Des facteurs d’influences additionnels entrent en jeu dans ce processus mais ne sont pas décrits dans cet article pour des raisons de simplicité.

Les recherches récentes ont cependant montré que les PSC (Polar Stratospheric Clouds en anglais ou nuages d’altitude en couche stratosphérique, nommés nuages nacrés) ont un rôle prépondérant (catalyseurs) dans le processus de diminution de la concentration en ozone atmosphérique. Ils sont composés d’acide nitrique (nuages de type Ia), d’acide sulfurique (type Ib), d’acide nitrique dihydraté nacré métastable (type Ic) ou bien de cristaux de glace. L’étude de ces nuages et des processus en cause sont toujours en cours d’investigation, les mesures depuis les satellites, par analyses Lidar et par les ballons-sondes sont des sources de données essentielles pour ces recherches afin de mieux comprendre les phénomènes et processus en cause.

Le déficit en ozone dans l’atmosphère a été constaté au cours de la décennie 1970 et c’est à partir des années 1980 que la communauté scientifique a lancé une alerte internationale concernant cette diminution inquiétante de la quantité d’ozone polaire et sub-polaire pour aboutir le 22 mars 1985 à la Convention de Vienne sur la nécessité de protection de la couche d’ozone puis au Protocole de Montréal signé en septembre 1987 et mis en application au 1 janvier 1989, accord international qui interdit et réglemente désormais certains composés halogéno-carbures (notamment les chloro- bromo- et fluoro-carbures) dans l’industrie. Ces composés sont en effet impliqués de façon conséquente dans l’altération de la couche d’ozone stratosphérique, de même que les hydrochlorofluorocarbures (HCFC) utilisés en remplacement des CFC après le Protocole de Montréal et qui sont interdits progressivement selon les pays jusqu’à leur bannissement total pour 2030.

Météo-France, en vertu de sa convention avec l’IPEV, effectue pour le LATMOS (Laboratoire Atmosphères, Milieux, Observations Spatiales intégré à l’Observatoire des Sciences de l’Univers, UVSQ, à l’Institut Pierre-Simon-Laplace, IPSL et au CNRS, Centre National de la Recherche Scientifique) des sondages atmosphériques par ballons-sondes permettant de mesurer la quantité d’ozone présente dans la stratosphère.

En 2021, la campagne de mesure à Dumont d’Urville prévoit de 12 à 13 sondages ozone.

image:

source: https://iast.univ-setif.dz/documents/Cours/Climatologie_ch2.pdf

Fin de la première partie sur les mesures ozone par radiosondage à Dumont d’Urville. 31 mars 2021